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De la maison des morts
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DE LA MAISON DES MORTS
Cet opéra de Janacek, qu’on dit le plus « sévère », a connu, ces temps derniers, un regain d’actualité. Après Strasbourg et Nice, l’Opéra de Nantes, sous la signature de Philippe Godefroid, en propose une nouvelle production qui ne le cède en rien en qualité aux deux autres. Le metteur en scène s’est livré à une lecture minutieuse de Dostoïevski et de Janacek. Cette lecture a débouché sur des propositions scéniques parfois surprenantes, mais dont la cohérence n’est jamais prise en défaut, même si l’on est heurté par des « arrêts-musique » auxquels on n’est pas habitué. (…) Sens et émotion, réalisme cruel et sort pitoyable, enfer sur la terre, c’est ce que l’on retient de cette très puissante production, servie par une distribution très homogène et de qualité (…) Décor et mise en scène traduisent avec force l’univers concentrationnaire, enfermement sombre, tapissé de désordre et de désespoir, très opportunément clos, du côté de l’avant-scène, par des barbelés. Godefroid souligne le texte, invente des contextes dramatiques, imagine, interprète sans trahir. Au contraire, il va dans le sens de l’horreur humaine. Il ne craint pas, par exemple, de faire précéder l’ouverture musicale d’un prologue silencieux, simulant l’interrogatoire et la « visite médicale » de Goryantschikov, nouveau venu à la « maison des morts », qui y est ensuite brutalement précipité (…) Guy Erismann, , Opéra International, Mai 1998 |
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